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Icone de publication2016 - Top Ten des films vus en salle

Auteur : | Publié le

Catégories : Anime | Cinéma

Les années se suivent et ne se ressemblent pas, même si je tarde toujours un peu à vous proposer mon Top-Ten 2016 des films vus en salles (exit les découvertes en DVD, BR, VOD ou à la télé). Cette année encore, un classement tout ce qu'il y a de plus "classique" dans la forme. Quand au fond, je vous en laisse juge...

Comme de coutume, je m'efforce de commenter ce classement par une ou deux phrases rapides (parfois plus...), réductrices, mais traduisant au maximum mon engouement pour chaque film.

1/ The Neon Demon

The Neon Demon

Si Nicolas Winding Refn continue de m'impressionner, c'est tout simplement que je reste sensible à son sens particulier de la mise en scène, mêlant pose esthétique (mariant l'image et le son comme peu de cinéastes de sa génération), prêtant attention aux comédiens et comédiennes, filmés tels des paysages, et rigueur du rythme narratif. Comme toujours chez lui, la violence est un sujet central dans ce qu'elle définit certains de nos rapports humains (tous peut-être ?) et nous interroge irrémédiablement sur notre place dans la société, avec les autres et en nous-même...

2/ The Revenant

The revenant

Iñárritu faisait les honneurs de la première place de mon Top Ten en 2015 avec Birdman : en l'espace d'une année, son film suivant est présent dès la deuxième place. Que dire de ce Revenant, dont les images vous hantent bien après l'avoir vu ? Si le cinéaste s'éloigne de dialogues très construits qui avaient pu faire sa réputation avec Amours chiennes, 21 grammes ou encore Birdman, il revient aux paysages, à la contemplation et au lyrisme d'un Babel ou même d'un Biutiful. Si le scénario tient dans un mouchoir de poche, c'est parce que le film est avant tout un voyage mystique, un passage entre la vie et la mort. La désolation profonde des lieux empruntés par le film sont autant le reflet de celle vécue par les personnages. Rarement ces dernières années, un film ne m'aura semblé proposer une telle cohésion entre son image (au sens le plus large du terme) et son sujet profond. Evidemment, le cinéaste mexicain ne s'arrête pas là et en profite pour poser un discours politique simple mais efficace sur le genre auquel il s'attaque, le western.

Pour finir, je ne peux oublier de mentionner le "plan séquence" de quasi-ouverture du film, qui comme d'habitude chez le cinéaste pose l'ambiance et les enjeux du film, mais cette fois-ci d'une façon très inhabituelle pour ne pas dire non-conventionnelle, par rapport à la pratique de ce style de mise en scène (le plan séquence) au service d'un exercice (l'exposition) qui emprunte généralement d'autres artifices (on ne peut cependant s'empêcher de penser ici à De Palma qui avait fait le même choix pour Snake Eyes).

3/ Elle

Isabelle Huppert dans Elle

Avec Elle, Verhoeven nous revient en très grande forme. D'abord parce que la direction d'acteurs est exemplaire. Je n'ai rien contre elle au départ, mais je dois avouer que la prestation de Virginie Efira dans le film m'a impressionnée, et ne parlons évidemment pas de Lafitte, ni même d'Huppert ! Ensuite, parce que Verhoeven sait toujours aussi bien traiter les sexualités troubles et les personnages à la limite de la névrose, voire en plein dedans. Enfin, parce que sa mise en scène est toujours aussi bien ciselée, avec un cadre harmonieux, un hors-champ plus que pesant. Ce que Verhoeven sait le mieux faire, c'est nous placer face à nos angoisses, nos fantasmes inavoués et nos peurs profondes, en poussant jusqu'au bout les situations les plus "extrêmes" sans jamais sombrer dans l'irréalisme ou le ridicule.

4/ Rester vertical

Rester vertical

Alain Guiraudie ne cesse de continuer son travail, amorcé dans les années 90 avec ses courts métrages et prolongé dans les années 2000 avec des longs : la réflexion critique et politique de la dérive d'une France de plus en plus déboussolée, à l'image du personnage principal de ce Rester vertical, tout à fait surprenant. Mais en filigrane d'un discours social et politique, Guiraudie n'en oublie pas moins l'humour, irrévérencieux à son propre cinéma et à celui d'auteurs français des deux dernières décennies. Avec ce dernier film, Guiraudie réussit non seulement à nous faire réflechir sur le monde, ses limites, ses invraisemblances et ses propositions ouvertes sur l'évolution des moeurs et de la société, mais encore à nous proposer de regarder avec distance, et une critique constructive, la notion de films d'auteurs en France et les errements et découvertes prodigieuses qu'un tel système de production culturelle et intellectuelle permet, pour le meilleur et pour le pire.

5/ Ma Loute

Ma Loute

Après la série P'tit Quinquin, Dumont revient à la comédie satyrique avec ce film étonnant et drôle, non dénué d'intelligence et de poésie, et dont la photographie rend un vibrant hommage aux plages du Nord et à son paysage plus généralement. Evidemment, on peut lui reprocher une fois encore de s'appuyer sur des ressorts que d'aucun jugent limites ou critiquables (principalement le ridicule naturel ou joué de certains acteurs, en particulier les non-professionnels), mais il semble que Dumont cherche ici plus à rendre visible la part de l'humanité qui ne l'est que trop peu au cinéma (en particulier en France).

6/ Dernier train pour Busan

Dernier train pour Busan

Si le film de zombies commence à sérieusement devenir un lieu commun de la cinéphagie contemporaine, heureusement qu'il existe encore des réalisateurs (et tous ceux qui travaillent avec eux) qui croient encore qu'il est possible d'en faire quelque chose de sérieux, d'abouti, de relativement rafraîchissant, sans pour autant dénaturer fondamentalement le concept afin de ne pas trahir Romero et son héritage. Avec son film, YEON Sang-ho réussit tout cela et plus encore. D'abord le rythme effréné du film, ponctué par de rares moments de pause nous emmène talbour battant jusqu'à son dénouement. Ensuite, la maîtrise du cadre, essentielle dans un film d'horreur, est ici exemplaire. Pas un plan ne dénature la composition de celui qui le précède ou de celui qui le suit et le montage fait sens, sans jamais rompre ou affaiblir les effets de surprise. Enfin, comme toujours dans les films de zombie, la critique politique de la société moderne est aboutie et particulièrement réussie, en particulier dans une scène glaçante sur les effets de pouvoir des "classes dirigeantes" et les phénomènes d'exclusion irrationnels qu'ils sont susceptibles d'engendrer.

7/ Les Huit Salopards

Les Huit Salopards

Avec les Les Huit Salopards, Tarantino continue d'explorer un genre particulier, le western, pour à la fois assouvir son désir d'hommage et de références aux maîtres du Temple de sa cinéphilie personnelle (et ce pour notre plus grand plaisir au regard de la qualité de sa capacité à leur rendre hommage), et en même temps continuer à poser son discours sur les fondements du mythe américain, après Django Unchained. Non content d'offrir comme à l'accoutumée des dialogues ciselés et un jeu choral de comédiens parfaitement intégré à la mythologie du film et ses références, Tarantino travaille qui plus-est une construction parfaite du huis-clos dans l'alternance de plans larges à la profondeur de champ bien exploité (tel un William Wyler avec Les Plus Belles Années de notre vie) et les plans en longue focale, concentrant le regard et l'action au centre d'un flou, magnifiquement exploité par la photographie de Robert Richardson (de surcroît en 70mm).

8/ La Tortue rouge

La Tortue rouge

Magnifique revisitation du mythe de Robinson Crusoé que cette Tortue rouge, tout en lyrisme et poésie. Le rythme lent du film, son côté contemplatif peuvent rebuter certains, mais il est indéniable qu'ils sont indissociables de cette fable intimiste et profondément humaniste sur les besoins de l'humain d'être un animal social et de sa capacité de survie face à l'adversité. En plus, le travail de dessin et d'animation de Michael Dudok de Wit et de ses équipes colle parfaitement au sujet et à l'ambiance du film, ainsi qu'à ses enjeux subtils. La quasi absence de dialogues là encore vient accompagner l'idée très universaliste du film et de ses ambitions narratives.

9/ Midnight Special

Midnight Special

Jeff Nichols enchaîne les films et confirme définitivement son statut de cinéaste à la fois comme iconoclaste et totalement hollywoodien, dans une dynamique double de rester attaché au genre ou à la "supposition du genre" (propre au Hollywood moderne), mais avec une lecture très ancrée dans la réalité de la société américaine contemporaine (tel que c'était déjà le cas avec Take Shelter par exemple). Si l'on ne peut s'empêcher de penser à Spielberg et Rencontres du troisième type, Midnight Special est un film bien plus centré sur ses personnages (n'en déplaise à Spielberg), leurs motivations, leurs peurs, leurs attentes, leurs doutes que sur les enjeux de la découverte et de la rencontre avec des entités extra-terrestres. Pour autant, la fin du film, loin de donner dans le fantastique ou la science-fiction simpliste, donne foi en la vision d'un cinéma de genre comme il apparût à ses origines : une manière détournée de traiter de sujets que la censure (ou le politiquement correct aujourd'hui) empêche d'adresser frontalement.

10/ Merci patron !

Merci patron !

Même si le film est avant tout un pied de nez "anti-capitaliste" aux Bernard Arnault et Vincent Bolloré de ce monde, le film met en scène de manière presque accidentelle ce qui fait tout le sel d'un documentaire pour un cinéphile comme-moi : la construction par tatônnements d'un sujet, de ses acteurs, de ses enjeux et de sa "résolution". Il faut bien comprendre en regardant le film que rien de tout ceci ne serait visible sans qu'un aléa humain (une erreur de jugement somme toute banale, un biais de supposition d'information) ne vienne le permettre. En ce qui me concerne, si Merci patron ! a une véritable leçon à donner, c'est bien celle de la relative complexité des rapports humains dans l'établissement d'un film documentaire, de leur force d'influer sur son sujet et de façonner sa mise en scène. Et pour être tout à fait honnête, le côté "Robin des Bois" du film est pour beaucoup dans son succès, y compris auprès de votre serviteur.

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Auteur : | Publié le

Catégories : Anime | Cinéma

Qui dit nouvelle année, dit Top Ten. Je ne déroge pas à la règle et je vous propose donc celle des films que j’ai vu en salles en 2015 (exit les découvertes en DVD, BR, VOD ou à la télé). Cette année, pas d'ex-aequo ou d'entorse, un classement tout ce qu'il y a de plus "classique"...

Comme chaque année, je m'efforce de commenter ce classement par une ou deux phrases rapides (parfois plus...), réductrices, mais traduisant au maximum mon engouement pour chaque film.

1/ Birdman

Birdman

Iñárritu est un cinéaste que j'apprécie, tous ses films m'ont plu à des degrés divers et pour des raisons plus ou moins différentes, même si au centre, on y retrouve toujours une grande qualité dans la direction d'acteurs, et une certaine maestria dans la mise en scène. Birdman réunit ces deux caractéristiques de la plus belle des manières qui soit. Oeuvre-objet s'il en est, film-concept et aventure stylistique, Birdman c'est aussi l'idée d'une rédemption (tiens une marotte personnelle que je partage avec le cinéaste, il semblerait...) tout à la fois et un hommage au métier de comédien, au film de super-héros (qu'est-ce qu'un comédien finalement, si ce n'est un homme qui surpasse -au sens où il les dépasse- tous les héros qu'il a pu incarner). Un film-somme sur la condition de l'être à travers la dualité intime !

2/ The Lobster

The Lobster

J'avoue ne pas avoir vu les précédents films de Yorgos Lanthimos et je le regrette déjà (mais ce n'est que partie remise). Séduit prélablement par l'anticipation, ce genre si particulier, le film m'a définitivement conquis, au-delà de ses grandes qualités d'écriture et de mise en scène, par la très grande qualité de jeu de tous ses comédiens, Colin Farrell en tête. Définitivement pas le film pour donner le moral, mais certainement l'un des films qui m'a fait le plus réfléchir pendant et surtout après sa projection.

3/ Le Fils de Saul

Alors même si Le Fils de Saul n'est pas exempt de défauts, sa charge émotionnelle, son parti pris radical quant au traitement de l'image, le jeu des acteurs, son ancrage dans une dimension historique, tout en cherchant fondamentalement à ne pas produire systématiquement un discours sur l'Histoire (avec un grand H) ont fini de me convaincre de la force de ce film. Mais ce qui a peut-être achevé de me convaincre de ses très grandes qualités, c'est son travail sonore, particulièrement notable dans sa construction savamment brouillone et confuse, mais au milieu de laquelle, le son qui permet à la narration de se poursuivre et de trouver sa voie est toujours parfaiterment audible. Comme si, dans un monde où la vision de ses horreurs est devenue impossible à accepter, restait l'ouïe, qui bien que malmenée, comme seule boussole de l'être humain.

4/ Mad Max : Fury Road

Avec Fury Road, Miller prouve qu'il est resté après toutes ces années un cinéaste d'exception. L'inventivité formelle, la gnak absolue dont fait preuve le film, son côté radical, son refus d'un recours sytématique aux effets numériques et la part belle aux cascades les plus étonnantes de ces dix dernières années, font de Mad Max, crue 2015, un monument du cinéma d'action, voire du cinéma tout court. Un écrin de luxe pour du grand spectacle, jamais idiot, toujours surprenant.

5/ Vincent n'a pas d'écailles

Vincent n'a pas d'écailles

Qui a dit que le cinéma français n'était pas capable de nous surprendre ? De faire preuve à la fois d'inventivité, d'humour, mais aussi d'intelligence ? Le plaisir d'approcher le cinéma de super-héros par la "petite porte", par l'univers calme et lointain de la ruralité. Imaginer un autre environnement qu'urbain pour celui de l'usage de super-pouvoirs. Et puis surtout penser à la simplicité du quotidien et de son rapport à la question de soi face aux autres. Penser le désir de ne pas être différent des autres, non pas dans un souci de conformité, mais plus dans celui de ne pas avoir à souffrir de l'exclusion de la société... Bref, Vincent n'a pas d'écailles est un film surprenant, inattendu, et porté de bout en bout par son auteur-réalisateur-acteur avec brio.

6/ La isla mínima

La isla mínima

Au-delà d'une photographie splendide et d'une mise en scène au cordeau, La isla mínima est aussi un film intelligent, bien construit, dont le fond historique fouillé prouve une fois encore la richesse du cinéma ibérique. Ses innombrables qualités, de la direction d'acteurs à un construction narrative rythmée mais qui sait prendre le temps de poser une ambiance et un univers, font de ce film une pépite, bien plus profonde et signifiante qu'un premier regard ne pourrait nous laisser l'imaginer.

7/ Knight of Cups

Les aficionados de Malick (comme moi) se sont régalés et ses détracteurs s'en sont donné à cœur joie, mais il n'est pas faux de dire que le dernier film du cinéaste est dans la droite lignée des précédents. Il poursuit son oeuvre, de façon plus radicale : son caractère narratif est de plus en plus éclaté. La mise en scène repose elle aussi sur des gimmicks visuels que Malick pousse à son paroxysme, au risque de fatiguer son spectateur ; mais la perte des repères est réellement au centre du dispositif filmique du film, accompagnant en cela le parcours intérieur du personnage principal, interprété avec justesse par Christian Bale. Et si l'on peut penser au Cronenberg de Maps to the Stars, pour l'univers "show business", on est ici dans un traitement plus intime et plus éthéré du rapport humain à la célébrité, et l'éloignement du monde induit par une telle relation. Chapeau bas à Malick en tout cas, qui prouve à nouveau qu'il est véritablement le cinéaste de l'humain en proie aux doutes et aux questionnements intérieurs.

8/ Anina

Anina

Très joli film que ce dessin animé qui fait l'éloge de la tolérance et de l'ouverture aux autres, et qui sait parfaitement marier une animation minimaliste, mais toujours bien sentie et judicieusement choisie, avec une esthétique riche en couleurs et en nuances, jonglant avec une rare réussite entre layouts plutôt réalistes et character design plus stylisé. A faire découvrir aux jeunes mais aussi aux moins jeunes.

9/ The Visit

Le retour de Shyamalan au film à twist pouvait faire peur, tant ce genre fut à la fois son berceau de naissance, mais aussi certainement une prison dorée, qui l'aura enfermé dans un sous-genre, à même de tarir sa créativité. Et pourtant, avec The Visit, il revient plus convaincant que jamais, comme un cinéaste d'abord du récit, avant que d'être celui des astuces narratives. La richesse de l'écriture, le jeu des comédiens, le traitement intelligent du choix de la caméra subjective et quelques mémorables scènes et séquences (dont celle sous la maison) font de ce film un régal de suspense.

10/ Star Wars : Episode VII - Le Réveil de la Force

Oui, le film est décevant par certains aspects, en particulier son caractère d'hommage permanent (plagiat pour certains, mais peut-on utiliser ce terme dans ce cas précis ?), mais je ne peux vous mentir ici et ne peux qu'admettre le plaisir indicible que j'ai eu à découvrir la suite de cette saga, bien plus pregnante que ne le fut sa prequel en son temps. J'ai particulièrement été touché par le côté crépusculaire du film, par l'idée d'un monde en ruines qui doit trouver à nouveau sa voie au milieu des décombres d'un mythe qui n'a laissé personne indifférent et qui fait véritablement écho au texte meta du film. Et le choix de tourner en 70mm, de réaliser un nombre conséquent d'effets visuels sans toujours recourir au numérique donne une patine quasi-intemporel au film et le place dans la droite lignée de la trilogie originelle.