InscriptionMot de passe oublié

Icone de publication2015 – Top Ten des films vus en salle

Auteur : | Publié le

Catégories : Anime | Cinéma

Qui dit nouvelle année, dit Top Ten. Je ne déroge pas à la règle et je vous propose donc celle des films que j’ai vu en salles en 2015 (exit les découvertes en DVD, BR, VOD ou à la télé). Cette année, pas d'ex-aequo ou d'entorse, un classement tout ce qu'il y a de plus "classique"...

Comme chaque année, je m'efforce de commenter ce classement par une ou deux phrases rapides (parfois plus...), réductrices, mais traduisant au maximum mon engouement pour chaque film.

1/ Birdman

Birdman

Iñárritu est un cinéaste que j'apprécie, tous ses films m'ont plu à des degrés divers et pour des raisons plus ou moins différentes, même si au centre, on y retrouve toujours une grande qualité dans la direction d'acteurs, et une certaine maestria dans la mise en scène. Birdman réunit ces deux caractéristiques de la plus belle des manières qui soit. Oeuvre-objet s'il en est, film-concept et aventure stylistique, Birdman c'est aussi l'idée d'une rédemption (tiens une marotte personnelle que je partage avec le cinéaste, il semblerait...) tout à la fois et un hommage au métier de comédien, au film de super-héros (qu'est-ce qu'un comédien finalement, si ce n'est un homme qui surpasse -au sens où il les dépasse- tous les héros qu'il a pu incarner). Un film-somme sur la condition de l'être à travers la dualité intime !

2/ The Lobster

The Lobster

J'avoue ne pas avoir vu les précédents films de Yorgos Lanthimos et je le regrette déjà (mais ce n'est que partie remise). Séduit prélablement par l'anticipation, ce genre si particulier, le film m'a définitivement conquis, au-delà de ses grandes qualités d'écriture et de mise en scène, par la très grande qualité de jeu de tous ses comédiens, Colin Farrell en tête. Définitivement pas le film pour donner le moral, mais certainement l'un des films qui m'a fait le plus réfléchir pendant et surtout après sa projection.

3/ Le Fils de Saul

Alors même si Le Fils de Saul n'est pas exempt de défauts, sa charge émotionnelle, son parti pris radical quant au traitement de l'image, le jeu des acteurs, son ancrage dans une dimension historique, tout en cherchant fondamentalement à ne pas produire systématiquement un discours sur l'Histoire (avec un grand H) ont fini de me convaincre de la force de ce film. Mais ce qui a peut-être achevé de me convaincre de ses très grandes qualités, c'est son travail sonore, particulièrement notable dans sa construction savamment brouillone et confuse, mais au milieu de laquelle, le son qui permet à la narration de se poursuivre et de trouver sa voie est toujours parfaiterment audible. Comme si, dans un monde où la vision de ses horreurs est devenue impossible à accepter, restait l'ouïe, qui bien que malmenée, comme seule boussole de l'être humain.

4/ Mad Max : Fury Road

Avec Fury Road, Miller prouve qu'il est resté après toutes ces années un cinéaste d'exception. L'inventivité formelle, la gnak absolue dont fait preuve le film, son côté radical, son refus d'un recours sytématique aux effets numériques et la part belle aux cascades les plus étonnantes de ces dix dernières années, font de Mad Max, crue 2015, un monument du cinéma d'action, voire du cinéma tout court. Un écrin de luxe pour du grand spectacle, jamais idiot, toujours surprenant.

5/ Vincent n'a pas d'écailles

Vincent n'a pas d'écailles

Qui a dit que le cinéma français n'était pas capable de nous surprendre ? De faire preuve à la fois d'inventivité, d'humour, mais aussi d'intelligence ? Le plaisir d'approcher le cinéma de super-héros par la "petite porte", par l'univers calme et lointain de la ruralité. Imaginer un autre environnement qu'urbain pour celui de l'usage de super-pouvoirs. Et puis surtout penser à la simplicité du quotidien et de son rapport à la question de soi face aux autres. Penser le désir de ne pas être différent des autres, non pas dans un souci de conformité, mais plus dans celui de ne pas avoir à souffrir de l'exclusion de la société... Bref, Vincent n'a pas d'écailles est un film surprenant, inattendu, et porté de bout en bout par son auteur-réalisateur-acteur avec brio.

6/ La isla mínima

La isla mínima

Au-delà d'une photographie splendide et d'une mise en scène au cordeau, La isla mínima est aussi un film intelligent, bien construit, dont le fond historique fouillé prouve une fois encore la richesse du cinéma ibérique. Ses innombrables qualités, de la direction d'acteurs à un construction narrative rythmée mais qui sait prendre le temps de poser une ambiance et un univers, font de ce film une pépite, bien plus profonde et signifiante qu'un premier regard ne pourrait nous laisser l'imaginer.

7/ Knight of Cups

Les aficionados de Malick (comme moi) se sont régalés et ses détracteurs s'en sont donné à cœur joie, mais il n'est pas faux de dire que le dernier film du cinéaste est dans la droite lignée des précédents. Il poursuit son oeuvre, de façon plus radicale : son caractère narratif est de plus en plus éclaté. La mise en scène repose elle aussi sur des gimmicks visuels que Malick pousse à son paroxysme, au risque de fatiguer son spectateur ; mais la perte des repères est réellement au centre du dispositif filmique du film, accompagnant en cela le parcours intérieur du personnage principal, interprété avec justesse par Christian Bale. Et si l'on peut penser au Cronenberg de Maps to the Stars, pour l'univers "show business", on est ici dans un traitement plus intime et plus éthéré du rapport humain à la célébrité, et l'éloignement du monde induit par une telle relation. Chapeau bas à Malick en tout cas, qui prouve à nouveau qu'il est véritablement le cinéaste de l'humain en proie aux doutes et aux questionnements intérieurs.

8/ Anina

Anina

Très joli film que ce dessin animé qui fait l'éloge de la tolérance et de l'ouverture aux autres, et qui sait parfaitement marier une animation minimaliste, mais toujours bien sentie et judicieusement choisie, avec une esthétique riche en couleurs et en nuances, jonglant avec une rare réussite entre layouts plutôt réalistes et character design plus stylisé. A faire découvrir aux jeunes mais aussi aux moins jeunes.

9/ The Visit

Le retour de Shyamalan au film à twist pouvait faire peur, tant ce genre fut à la fois son berceau de naissance, mais aussi certainement une prison dorée, qui l'aura enfermé dans un sous-genre, à même de tarir sa créativité. Et pourtant, avec The Visit, il revient plus convaincant que jamais, comme un cinéaste d'abord du récit, avant que d'être celui des astuces narratives. La richesse de l'écriture, le jeu des comédiens, le traitement intelligent du choix de la caméra subjective et quelques mémorables scènes et séquences (dont celle sous la maison) font de ce film un régal de suspense.

10/ Star Wars : Episode VII - Le Réveil de la Force

Oui, le film est décevant par certains aspects, en particulier son caractère d'hommage permanent (plagiat pour certains, mais peut-on utiliser ce terme dans ce cas précis ?), mais je ne peux vous mentir ici et ne peux qu'admettre le plaisir indicible que j'ai eu à découvrir la suite de cette saga, bien plus pregnante que ne le fut sa prequel en son temps. J'ai particulièrement été touché par le côté crépusculaire du film, par l'idée d'un monde en ruines qui doit trouver à nouveau sa voie au milieu des décombres d'un mythe qui n'a laissé personne indifférent et qui fait véritablement écho au texte meta du film. Et le choix de tourner en 70mm, de réaliser un nombre conséquent d'effets visuels sans toujours recourir au numérique donne une patine quasi-intemporel au film et le place dans la droite lignée de la trilogie originelle.

Icone de publication2014 – Top Ten des films vus en salle

Auteur : | Publié le

Catégories : Anime | Cinéma | Série TV

Qui dit nouvelle année, dit Top Ten. Je ne déroge pas à la règle et je vous propose donc celle des films que j’ai vu en salles en 2014 (exit les découvertes en DVD, BR, VOD ou à la télé). Une fois n'est pas coutume (enfin un peu puisque c'était également le cas l'année dernière), une petite entorse a été admise, puisque deux ex-aequos se partagent la dixième place. Enfin, pour ne vraiment rien faire selon les usages, le Top se termine par une mention "Spéciale", je vous enjoins vite à aller la découvrir !

Comme chaque année, je m'efforce de commenter ce classement par une ou deux phrases rapides (parfois plus...), réductrices, mais traduisant au maximum mon engouement pour chaque film.

1/ Adieu au langage

Adieu au langage

Si je n'ai jamais été un grand admirateur de Godard (je ne peux m'empêcher d'avouer que seule une partie restreinte de son oeuvre - la plus ancienne - me touche), force est de reconnaître qu'il m'a quasi complètement convaincu avec ce film. Quasi, parce que le discours me semble quand même par moments ampoulé, intellectualisant et surtout ruminant des idées que même un étudiant de philosophie de première année trouverait éculées et peu imaginatives. Si l'intelligence se résume à savoir bien citer des auteurs, alors oui, le texte de Godard est un texte intelligent. Mais alors pourquoi le placer en 1ère position de mon Top ? Tout simplement, parce que la réalisation (en 3D, of course) est d'une inventivité telle sur le procédé technique, que rien qu'en écrivant sur le film, j'ai de nouveau ses images, ses plans, son cadre, ses rythmes et ses mouvements qui viennent me hanter. Chapeau bas !

2/ Le Garçon et Le Monde

Le Garçon et Le Monde

Ce fut certainement la claque esthétique de l'année pour moi. En voyant la bande-annonce, j'étais curieux, mais je ne m'étais pas préparé à cela. Les layouts sont superbes, le character design est parfaitement intégré à l'univers, l'animation colle parfaitement aux enjeux du film. D'ailleurs, ceux sont bien ses enjeux qui parachèvent sa grande qualité, à travers une écriture onirique et exigeante. Les ambitions du film, bien que grandes, restent tout à fait abordables par un public jeune. Vivement un prochain film de cette équipe détonante !

3/ Les Bruits de Recife

Les Bruits de Recife

Deuxième film brésilien dans le Top (une cinématographie à surveiller plus que jamais donc...), Les Bruits de Recife m'a convaincu pour beaucoup de raisons. Justesse du casting, cadrage et mouvements de caméra toujours au cordeau, écriture sensible et plus encore un travail sonore (comme son titre l'annonce) aux petits oignons. Si on ajoute à cela une narration intelligente, pour un récit dont les ramifications politiques et sociales sont limpides bien que discrètes (même pour qui ne connaît pas bien le Brésil), on ne peut que saluer l'exploit.

4/ The Grand Budapest Hotel

The Grand Budapest Hotel

Après Moonrise Kingdom en 2012, Wes Anderson s'invite à nouveau dans un de mes Top Ten. Si formellement, on ne change pas une "équipe qui gagne", Anderson ajoute une profondeur historique et politique qui faisait peut-être défaut jusque là à son cinéma, quoique... En tout cas, avec ce dernier film, il continue de nous prouver qu'il est un grand créateur d'images et un grand créateur d'histoires. No comment!

5/ Le vent se lève

le vent se lève

Avec son dernier film, MIYAZAKI revient à un sujet plus adulte, sans pour autant oublier la féérie que son cinéma sait insuffler. Avec une maestria de la mise en scène d'images animées, Le vent se lève, quoi qu'en dise ses détracteurs, est un film profondément intimiste et une ode à l'amour et au respect de la différence, mais aussi une critique subtile sur l'aveuglement borné de ceux et celles qui ne réussissent pas à échapper à leurs démons et passions intérieurs.

6/ Maps to the Stars

Maps to the Stars

Si Cronenberg avait tenu le haut du pavé de mon Top Ten 2012 avec Cosmopolis, il revient ici un peu plus "bas", mais toujours aussi efficace. De prime abord critique un peu "dépassée" des moeurs hollywoodiennes, le film du cinéaste québécois est cela, mais bien plus encore. Réflexion toujours sur le corps, la chair et ses expressions concrètes dans la psychologie des personnages, avec Maps To the Stars, Cronenberg est définitivement le cinéaste de l'étrange étrangeté, à la mise en forma classique mais redoutablement efficace. Et puis lorsque la même année, un cinéaste est capable de pondre ce film et celui-là, alors pas de doute, on se trouve face à un grand artiste.

7/ Les Combattants

Les Combattants

Belle surprise que ce film français, tant dans son écriture, son casting (bien qu'Adèle Haenel n'en soit plus vraiment une, mais mention spéciale à Kévin Azaïs), que sa mise en scène. Si je ne devais retenir qu'un plan qui m'a surpris cette année, tant pour sa beauté formelle que pour son évocation visuelle (hypertextualité quand tu nous tient), il se trouve dans ce film, plutôt vers la fin... mais je vous laisse le soin de le découvrir pour ceux qui ne l'auraient pas encore vu.

8/ 12 Years a Slave

12 Years a Slave

Steve McQueen est véritablement un cinéaste avec lequel il faudra compter. Non pas que son dernier film, fut pour moi l'occasion de le découvrir, mais sa capacité à s'approprier un sujet, qui aurait très bien pu le cantonner au film à Oscars prévisible que cela pouvait supposer donner, en dit long sur son potentiel d'auteur-réalisateur. En s'appuyant sur un casting d'une solidité remarquable (du cameo de Brad Pitt à l'interprétation magistrale de Fassbender, sorte de muse du cinéaste), McQueen nous livre un film fort et poignant, sans jamais tomber dans un pathos malvenu.

9/ Shapito Show

Shapito Show

Film russe, complètement barré, filant entre dérision, onirisme et potacherie, lorgnant tant du côté de Lynch que de Burton, mais avec une réelle sincérité et touche d'originalité, que dire de plus sur cet OVNI ? Félicitations au jeune distributeur indépendant français qui a pris le risque d'une sortie en salles pour ce film au format atypique (près de 4h de métrage, découpé en deux parties). Sans ce genre de travail, nous ne découvririons que trop peu de films de cet acabit. Bravo !

10/ 2 automnes 3 hivers et Le Loup de Wall Street, ex aequo

2 films très différents viennent se disputer la dernière place cette année : différents par leurs sujets, leurs ambitions, leurs moyens, leurs origines. Mais à mon sens, ils se rejoignent sur au moins un point : tous deux viennent de cette envie profonde et authentique de cinéma populaire mais intelligent, qui habite les cinéastes qui les ont réalisés et les comédiens qui y ont joué.

2 automnes 3 hivers

Le film de Sébastien Betbeder est un appel à l'amour, l'insouciance et la joie de vivre, mêlé d'humour et de moments de réelles sensibilité, sans aucun misérabilisme ou sensiblerie. Macaigne y montre encore une fois tout son talent, pour y incarner une génération masculine française en quête d'identité et de repères, tandis que la palette de seconds rôles viennent très agréablement compléter le tableau. Une fois le film terminé, on se prend à rêver de tomber au coin de la rue sur ce personnage attachant et si proche de nous.

Le Loup de Wall Street

Scorsese nous est revenu en très grande forme et même si ce Loup a des allures d'Affranchis au Casino (désolé mais l'occasion était trop belle), il faut reconnaître que rien que la prestation de DiCaprio et Hill est en soi un sommet d'interprétation à l'américaine et un pur plaisir de spectateur. Qui plus est, Marty est toujours aussi convaincant en faiseur d'images et de narration rythmée, y compris sur un récit s'étalant sur près de 3 heures. Difficile dans ces conditions de bouder son plaisir !

Mention spéciale - P'tit Quinquin

P'tit Quinquin

Impossible pour moi de ne pas signaler cet objet insolite que Bruno Dumont nous a sorti du bois sur Arte cette année. Cette mini-série de 4 épisodes, tour à tour drôlatique, sérieuse, irrévérencieuse et foutraque, nous promène dans un Nord déjanté, relativement imaginaire et imaginé. Alors même si P'tit Quinquin ne fait pas l'unanimité (loin de là), il est l'exemple parfait de ce qu'il faut faire face aux productions télévisuelles d'outre-atlantique. Même si je m'enchante devant quelques séries françaises, force est de constater que le niveau de production est très largement en-dessous pour la grande majorité de nos oeuvres audiovisuelles. Le choix de Dumont de ne surtout pas aller sur le terrain US, mais de s'inspirer de ses meilleures oeuvres (comment ne pas songer à Twin Peaks), est certes le bon choix, puisqu'il implique l'effort conjoint de la découverte (et de la surprise) avec l'appropriation par des éléments de proximité tant géographique, sociologique que culturelle. A quand d'autres embardées comme celle-là ?